Géographie physique[modifier]

La Corse est une montagne dans la mer. Son altitude moyenne de 568 m en fait la plus élevée des îles de Méditerranée occidentale. De nombreux lacs et l'aspect de certaines vallées témoignent de l'existence passée de glaciers. Ses côtes composées de plus d'une centaine d'îles, nous confrontent à un vaste archipel. Son littoral comporte de nombreux étangs et marécages. Elle mesure 180 km de long du nord au sud et 82 km dans sa plus grande largeur. Sa superficie est de 8 680 km²[1].

D'Emmanuel Arène, député de la Corse, lors d'une intervention à la Chambre sur le problème corse : « Oui, mais ce que vous ne saviez pas et que j'allais vous apprendre, c'est que la Corse est une île entourée d'eau de toutes parts ! »[2].

La façade orientale est baignée par la mer Tyrrhénienne, le nord par la mer ligurienne, et la façade occidentale par la mer Méditerranée.

Relief[modifier]

L'île est divisée en deux parties inégales par une chaîne de montagnes aux crêtes effilées, orientée NO - SE, d'une altitude plus élevée au nord qu'au sud, mais d'une remarquable continuité :

À ces deux parties qui sont séparées par une série de dépressions centrales s'étendant de L'Île-Rousse à Solenzara en passant par Corte, il faut ajouter la péninsule du Cap Corse.

La partie orientale, la moins large, est représentée depuis la péninsule du Cap Corse, en majeure partie par des plaines alluviales (Plaine de la Marana et Plaine orientale). À l'ouest, chaque vallée est comme un alvéole, aux bords raides, ouvert sur la mer mais fermé vers l'amont car adossé à la chaîne axiale.

Principaux sommets[modifier]

La Corse compte un très grand nombre de sommets de plus de 2 000 mètres, tous sur la chaîne axiale. Pour ne citer que les plus importants sommets de l'île :

Principaux golfes[modifier]

Les arêtes de la chaîne axiale ou dorsale corse plongent dans la mer, créant de remarquables golfes dont les principaux sont, du nord au sud :

Un peu moins étendus, on trouve :

Principaux cols[modifier]

La communication entre les deux façades de l'île se fait à l'intérieur par quelques rares cols routiers d'assez haute altitude et qui sont de véritables ensellements :

La Corse présente également de nombreux cols permettant souvent de relier certaines vallées encaissées :

L'archipel corse[modifier]

Article détaillé : Liste des îlots de Corse.

Les îlots et rochers en mer qui entourent le continent corse, récemment qualifiés d'îles « satellites » par les géographes italiens[3], apparaissent pour la première fois dès le XVIe siècle, voire plus tôt, sur les cartes marines arabes[4].

Leur recensement ne devient exhaustif qu'au XVIIIe siècle avec des relevés comme ceux de Bellin.

Cours d'eau[modifier]

Article détaillé : Liste des cours d'eau de Corse.

Le Golo (en corse Golu) et le Tavignano (Tavignanu) les deux plus grands fleuves de Corse, circulent dans le nord de l'île. Le Liamone, la Gravona et le Taravo marquent la moitié sud.

Lacs[modifier]

Article détaillé : Liste des lacs de Corse.

Le découpage du territoire[modifier]

L'« ossature » montagneuse naturelle de l'île a depuis toujours été utilisée par la plupart de ses occupants successifs pour déterminer les circonscriptions administratives, juridiques et religieuses. D'abord en pièves avec leurs créateurs romains, en évêchés avec la décadence de leur empire, puis en 1358 en territoires (Terra del Comune, opposée au Cap Corse et à la Terra dei Signori) (ils deviendront « l'en deçà-des-monts » et « l'au-delà-des-monts »), en évêchés et en juridictions administratives avec les Génois, enfin en provinces jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, l'île reste toujours découpée en microrégions. Le découpage est utile mais varié même si la toponymie de régions est conservée selon les organismes : Parc naturel régional de Corse, communautés de communes, offices du Tourisme, CREPAC, etc.

Les limites des deux départements créés lorsque la Corse est devenue française[Note 1], sont restées identiques à celles d'aujourd'hui. Seulement les appellations ont changé : le Golo est devenu la Haute-Corse et le Liamone est la Corse-du-Sud.

Les microrégions[modifier]

Article détaillé : Microrégions de Corse.

L'île est souvent partagée en onze secteurs géographiques suivants :

L'habitant[modifier]

Hormis quelques places fortes sur la côte, les lieux habités étaient tous disséminés sur les hauteurs, loin du rivage, ou dans l'intérieur de l'île.

Des contrastes forts existaient entre territoires, de par leur histoire, leurs habitants.

« L'habitant de Bastia ne se distingue pas de l'Italien de la côte orientale. Je décrirais ainsi ses traits caractéristiques : le visage allongé, étroit; mais le diamètre horizontal de la tête très-grand, le nez aquilin, les lèvres minces et bien dessinées, les yeux noirs, les cheveux noirs et lisses, la peau d'une teinte uniforme, olivâtre. Ces traits sont ceux de beaucoup de Génois, et se rencontrent fréquemment dans la Provence et le Languedoc. Si l'on sort de Bastia, et qu'on se dirige vers les montagnes les grands traits, les figures allongées deviennent fort rares. Le Corse des districts du centre, d'une race, peut-être autochtone, ou du moins de la plus ancienne de l'île, a la face large et charnue, le nez petit, sans forme bien caractérisée, la bouche grande et les lèvres épaisses. Son teint est clair, ses cheveux plus souvent châtains que noirs. Parmi les bergers qui vivent toujours en plein air, il n'est pas rare de trouver de beaux teints colorés. Il faut bien se garder de confondre l'effet produit sur la peau par une chaleur constante, avec la couleur même de la peau. Le montagnard de Coscione ou des environs de Corte est hâlé, noirci par le soleil ; mais il a des couleurs carminées, et la teinte de sa peau est claire. Chez le Génois, au contraire, la teinte olivâtre de la peau semble résulter d'une matière colorante répandue dans l'épiderme. On peut faire une remarque semblable pour la couleur des cheveux. Parmi les Corses que je crois de race pure, les cheveux d'un noir-bleu sont aussi rares que dans nos provinces du nord. Les cheveux châtains des montagnards de Corte, souvent bouclés ou crépus, ont des reflets dorés très-vifs, et leurs couches inférieures sont infiniment plus claires que celles qui sont continuellement exposées à l'action du soleil. En résumé, les traits du montagnard corse ne diffèrent pas sensiblement de ceux de l'habitant de la France centrale : ils sont précisément ceux que le docteur Edwards attribue à la race gallique, que l'on croit la plus anciennement établie dans la Gaule. » - Note d'un voyage en Corse Prosper Mérimée p. 58-59

« [...] la Corse sauvage est restée telle qu'en ses premiers jours. L'être y vit dans sa maison grossière, indifférent à tout ce qui ne touche point son existence même ou ses querelles de famille. Et il est resté avec les défauts et les qualités des races incultes, violent, haineux, sanguinaire avec inconscience, mais aussi hospitalier, généreux, dévoué, naïf, ouvrant sa porte aux passants et donnant son amitié fidèle pour la moindre marque de sympathie. » - Maupassant - Le bonheur, nouvelle parue dans le Gaulois, le 16 mars 1884.

Dans son « Histoire de Corse[5] », Colonna de Cesari-Rocca décrit l'habitant corse à l'époque romaine ainsi : « Les montagnards de l'intérieur pouvaient tout au plus fournir des bois de construction, du miel et de la cire ; ils n'étaient même pas propres à faire des esclaves. Car « ils ne supportent pas de vivre dans la servitude ; ou, s'ils se résignent à ne pas mourir, ils lassent bientôt par leur apathie et leur insensibilité les maîtres qui les ont achetés, jusqu'à leur faire regretter la somme, si minime soit-elle, qu'ils ont coûtée ». Le reproche que Strabon adresse aux esclaves corses est tout à l'honneur de cette nation ; ne peut-on discerner dans cette fierté irréductible de l'esclave en face de son maître, dans cette apathie obstinée, la passion frémissante de l'indépendance, le regret inconsolable de la famille et du sol natal ? Mais tous ces beaux sentiments n'augmentaient guère la valeur marchande du peuple corse. Diodore de Sicile note avec plus de sympathie ce tempérament particulier qui rend les insulaires inaptes aux travaux ordinaires des esclaves. Il les trouve supérieurs à tous les autres barbares qui ne vivent point « selon les règles de la justice et de l'humanité » [...] ».

Faune et flore[modifier]

Au début du siècle, certains l'avaient surnommée l'île verte, pour la différencier des autres îles méditerranéennes beaucoup plus arides. Le couvert végétal est essentiellement constitué de maquis et de forêts (pinèdes, hêtraies, châtaigneraies, chênaies et yeuseraies). La flore présente des affinités marquées avec celle de la Sardaigne et de la péninsule italienne, mais aussi avec d'autres îles méditerranéennes éloignées (Baléares, Sicile).

L'île possède de nombreuses zones humides la plupart d'origines naturelles, presque toutes sont classées, qui sont autant de réservoirs de biodiversité abritant des espèces végétales remarquables et menacées, ainsi que des espèces d'oiseaux et de poissons. Quatre d'entre elles sont reconnues comme d'importance internationale par la Convention de Ramsar : les étangs de Biguglia, d'Urbino et de Palo, et les mares temporaires des Tre Padule de Suartone.

Article détaillé : Zones humides de Corse.

Espèces endémiques[modifier]

Article détaillé : Espèces endémiques à la Corse.
Lézard de Bedriaga

L'insularité de la Corse détermine une relative pauvreté biologique par rapport aux zones continentales voisines, notamment en ce qui concerne les vertébrés terrestres. Cet appauvrissement naturel est compensé par la présence de nombreux taxons endémiques :

Existait autrefois le lapin rat Prolagus sardus (Wagner, 1832), une espèce éteinte depuis le Moyen Âge, qui a vécu en Corse et en Sardaigne, ainsi que dans les îlots périphériques de ces deux îles, au Pléistocène supérieur et à l'Holocène[6], et dont des ossements ont été mis au jour lors de fouilles archéologiques sur plusieurs sites comme celui du Monte Ortu (Lumio)[7].

Géologie[modifier]

Histoire géologique[modifier]

La Corse a une riche histoire géologique :

Domaines géologiques[modifier]

La géologie insulaire détermine quatre grands domaines géographiques :

Climat[modifier]

Son climat est de type méditerranéen, souvent tempéré par l'altitude.

Relevé météorologique d'Ajaccio
Mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année
Température moyenne (°C) 8,6 9,0 10,1 12,4 15,7 19,1 21,9 22,1 19,9 16,7 12,6 9,6 14,8
Précipitations (mm) 73,8 69,7 58,1 52,0 40,2 19,0 11,0 19,9 43,6 87,0 95,9 75,5 645,6
Source : Données météorologiques d'Ajaccio de 1961 à 1990[9].


Températures[modifier]

Dans les zones littorales, la température moyenne annuelle est de 14,5 à 16,5 °C. Le littoral nord-est bénéficie souvent des températures les plus clémentes en raison d'un effet de Foehn.

La température s'abaisse nettement avec l'altitude et l'éloignement de la mer ; en moyenne et haute-montagne, les brouillards et gelées sont fréquents, tout comme la persistance de névés jusqu'à la fin de l'été dans certains massifs.

Précipitations[modifier]

L'île présente une sècheresse estivale typique du climat méditerranéen. Des orages sont fréquents dès la fin du mois de juillet ; ensuite la pluviosité est maximale en octobre-novembre et février-mars.

Le littoral est chaud et sec, avec des précipitations moyennes inférieures à 700 millimètres par an[10] ; les montagnes sont par contre abondamment arrosées (moyenne supérieure à 1000 millimètres par an), piégeant les vents porteurs d'humidité.

Vents[modifier]

les vents en Corse

La Corse est balayée par de nombreux vents, particulièrement violents aux extrémités de l'île (Cap Corse, Bonifacio) mais aussi en Balagne, ce qui explique la présence ancienne de moulins et désormais d'éoliennes[11]

Ces vents déterminent grandement le climat général et local (mésoclimat). Durant la sécheresse estivale, ils favorisent la propagation d'incendies dévastateurs.

À tous ces vents, il faut ajouter les brises de mer et de terre qui jouent ou ont joué un rôle important :