Nos Patriotes

GHJUVAN BATTI ACQUAVIVA

 

Le 15 novembre 1987, Ghjuvan Batti Acquaviva était assassiné aux abords d'un des bunkers du colonialisme implanté à U QUERCIOLU à quelques kilomètres au sud de Bastia.

 

 

 

CARLU ANDREA POZZU DI BORGU - (1764-1842)

Partisan comme Paoli de l'indépendance corse, ce grand adversaire de Napoléon aimait la France mais n'acceptait pas que l'île lui soit inféodée.

Juif errant de l'anti-bonapartisme, il voyagea en Europe et au Proche-Orient, fut chargé de missions par les Anglais, devint le conseiller et l'ambassadeur des tsars.

Lié aux Bourbons, il fit preuve de générosité envers les bonapartistes quand s'effondra l'Empire et se retira des affaires politiques après avoir représenté la Russie à Londres.

Pozzu di Borgu avait été nommé président du Conseil d'État Corse après le retrait de Paoli.


Pasquale Paoli dit de lui :

 "Je l'ai donné comme un bon rasoir, qui dans la main d'un habile barbier coupe la barbe et dans la main d'un singe coupe la gorge".

DUMENICU LECCA - DIT CIRCINELLI

1769, la nation corse est vaincue à Ponte Novu par les troupes françaises.

Malgré tout, la résistance continue.

La résistance est qualifiée de "banditisme" par l'occupant français qui n'en poursuit pas moins une répression sanglante contre les corses. Ceux qui ne furent pas massacrées furent déportés par milliers au bagne de Toulon.

En célébrant la messe, Dumenicu Lecca prêta serment de ne jamais déposer les armes tant que sa patrie serait occupée et devint un symbole.

Le départ de Pasquale Paoli le ramène dans sa pieve que l'ennemi s'apprêtent à investir. Dans le village de Guagnu la panique s'empare des habitants.

Circinellu les regroupe dans l'église, les harangue, leur montre la honte dont ils vont se couvrir s'ils abandonnent la lutte.

C'est alors que de toutes les poitrines jaillit ce cri : "Paoli é libertà !".

Le combat fut rude et sans répit. Vainqueur, Circinellu dirigea la résistance contre l'ennemi : embuscades puis fuite dans les montages sûres du Vicolais.

Refusant de se soumettre au roi de France, les troupes françaises de "pacification" de la Corse se déchaînèrent sur sa famille et ses amis qui furent traqués, emprisonnés et déportés dans l'enfer des bagnes de France.

Pour ne pas les compromettre davantage, Cirninellu passe alors dans le Fiumorbu et un jour de 1771, dans une grotte d'Ania, des bergers retrouvent son corps sans vie portant d'une main le crucifix et de l'autre un poignard.

La croisade du curé de Guagnu venait de prendre fin.

PASQUALE PAOLI - (1725-1807)

 

Proclamé Père de la Patrie et Général de la Nation a fortement marqué l’histoire de la Corse.

 Il est l’initiateur de la constitution corse et contribua à l’élaboration de celle des États Unis d’Amérique ; de nombreuses villes américaines portent son nom : Paoli City dans le Colorado, l’Indiana, la Pennsylvanie…


Proclamé Général de la Nation Corse le 14 juillet 1755, Pasquale Paoli fera de l’île un État doté d’une constitution, d’une administration, d’une justice et d’une armée.

 Ce ne sera qu’en 1761 que la Cunsulta de Viscuvatu décidera de frapper monnaie. Parallèlement à l’œuvre politique, Pasquale Paoli ouvre de nombreuses écoles et crée à Corti l’université de Corse.

Il œuvre également sur le plan économique en favorisant l’agriculture, l’industrie et le commerce extérieur. Il crée une administration chargée de la culture des terrains et introduit la pomme de terre en Corse.

Pasquale Paoli développe l’exploitation des mines de cuivre et de plomb et crée le port d’Isula. Sous son autorité la Corse devient une république admirée par de nombreux pays.

Par un traité de dupes, signé le 15 mai 1768, la France prêta deux millions de livres à Gênes qui donna en garantie la Corse qu’elle ne possédait pas...

 Il s'en suivra une invasion, une guerre et la première démocratie moderne disparaît, annexée par un despotique roi de France.

Pasquale Paoli finira sa vie à Londres où il mourut le 5 février 1807.

En avril 1807 son buste est érigé à l’abbaye de Westminster ; il y est encore visible aujourd’hui.

 Ce n’est qu’en 1889 que son corps sera rapatrié en Corse et enterré dans sa maison natale à Merusaglia.

GHJUVAN PETRU GAFFORI - (1704-1753)

 

Médecin originaire de Corte, Gaffori fit partie en 1745 du triumvirat élu des "protecteurs de la nation", alors que l'île se battait contre Gênes.

 Il prit Corte à l'occupant en 1746, contrôla tout l'intérieur et fut nommé général de la nation.

 Trahi par son frère, il périt dans une embuscade dressée par les séides de Gênes le 3 octobre 1753.


La femme de ce héros Corse est entrée dans la légende en 1746 lorsqu'elle ordonna aux soldats commandés par son mari d'attaquer la citadelle de Corte, où les Génois retenaient leur jeune fils en otage.

Elle se signala quelques années plus tard en résistant avec une poignée d'hommes, dans sa maison, à l'attaque des Génois revenus en force à Corte.

Brandissant une torche au-dessus d'un baril de poudre, Faustine Gaffori menaça de tout faire sauter si l'on parlait de reddition.

Les assiégés tinrent tête à l'adversaire jusqu'à l'arrivée des renforts.

 

SAMPIERU CORSU - (1498-1567)

Plébéien né dans un hameau de Bastelica, le grand chef corse débuta très jeune dans la carrière des armes, servant un condottiere de la famille des Médicis.

Il se battit aux côtés de Bayard et fut nommé colonel général des Gardes Corses par François 1er.

Il épousa en 1545 une jeune noble insulaire, Vanina d'Ornanu.

Craignant sa popularité, les Génois l'emprisonnèrent et l'humilièrent, provoquant en lui une haine farouche.

Libéré sur l'intervention d'Henri II, Sampieru participa à l'intervention française de 1553 contre les troupes Génoises casernées en Corse.

Il rallia de nombreux leaders insulaires et passa pour le libérateur de la patrie et ramena l'espoir.

Il fut assassiné le 17 janvier 1567 par les Génois.