Les Pages Historiques

 1763 Une jeune sultane du Maroc
 
1768, 228 Prisonniers corses embarquent pour le bagne
 1769 Oletta
 1800 Destruction du couvent de Talla par les troupes Françaises

 

 

 



1763 UNE JEUNE CORSE SULTANE DU MAROC :

En 1763, quittant la Sardaigne où il s’était réfugié après le meurtre de son père et un long séjour en Tunisie, Jacques Marie Franceschini est capturé avec sa famille par des corsaires marocains.

 Lorsque la famille est présentée au sultan Sidi Mohamed-Abdallah, ce dernier est frappé par la beauté de leur fillette, Marthe âgée de 7 ans.

 

 Quelques années plus tard, à l’exception de Marthe qui est retenue et élevée à la cour, la famille est autorisée à regagner la Corse.

 Intégrée dans le harem, Marthe est convertie de force à l’Islam en prenant le nom de DAWIYA (traduction de la lumière) pour devenir rapidement la femme préférée du sultan.

 Appelée Malika (Reine) dans l’entourage d’Adallah elle est appréciée par ses talents et sa finesse d’esprit dans la conduite des affaires politico-économiques à une époque où l’influence anglaise pèse au Maroc.

 Cet intérêt est concrétisé par la présence fréquente au palais d’un médecin londonien agréée par la cour au service du personnel féminin.

 Cette situation privilégiée lui permet d’entretenir des contacts avec Davia à l’apogée de sa puissance, autorisée à traiter elle mémé la correspondance officielle notamment avec la Reine d’Espagne.

 A la mort de son époux en 1790, laissée libre de son destin, Davia quitte le palais pour se retirer dans l’ancienne ville de Larache ( ancienne ville chrétienne) où elle meurt en 1811.

 



AOUT
1768 , 228 PRISONNIERS CORSES EMBARQUENT POUR LE BAGNE



Le 28 août 1768, 228 prisonniers Corses détenus à la citadelle de Saint Florent sont embarqués sur trois navires différents.

 
En se dirigeant vers la France, ils subissent la tempête.

 Le premier bateau, qui transporte 69 prisonniers arrive à Toulon le 6 septembre, après 10 jours de traversée.

 Les deux autres navires, sont sépares par un fort coup de vent qui les oblige à détourner sur Golfe Juan et à relâcher à Bormes.

 Les vivres sont épuises.

 Ils parviennent finalement à Toulon, le 12 septembre, après 16 jours de mer !

       Les 159 Corses qui sont à fond de cale sont débarqués.

 Les survivants ne reverront le soleil, que 9 mois plus tard, en juin 1769, lorsqu’ils seront échangés contre des prisonniers français détenus à Corte.

 
75 d’entre eux, décéderont des suites des conditions de détention subies pendant ces 9 mois. 60 autres mourront pendant la traversée de retour sur la Gabarre, la Tamponne ainsi qu’à l’hôpital de Bastia ou ils avaient été admis compte tenu de l’état d’affaiblissement dans lequel ils se trouvaient.

 
Sur les 228, il y eut tout au plus 90 rescapés.

 
Ces prisonniers étaient tous des paysans des piève de Nebbiu, Niolu, Rostino, Giovellina, Tavagna, Ampugnani. Ils étaient natifs des villages de Nocetta, l’acquale, Costa, Soveria, Saint Florent, Pioggiola, Bustanico, Albertacce, Ajaccio, Croce, Casamaccioli, Pietricaggio, Sermano ou Moncale.

 
Ils s’appelaient:
 Francescu Tomasi, Julio Antonio Graziani, Paolo Hiacinto Natali, Pasquino Rossi Brancasio Ordioni, Marcelo Valentini, Domenicu Orsini, Pietro Negroni, Francesco Giovanoni, Philippe Moretti, Giacomo Luciani, Paolo Maria Nasica, Agostino Vesperini, Philippo Maria Benedetti, Pasquino Vinciguerra ou Paolo Antonelli.


Parmi eux, il y avait aussi le curé de Biguglia :

Francois Maria Agostini. Un prêtre qui devait servir l’office religieux, car tous étaient croyants, comme on pouvait l’être en Corse.

 
En effet, ces hommes étaient imprègnes d’une foi profondément ancrée depuis la nuit des temps.

 Une foi qui, qui malgré les vicissitudes de leur rude vie quotidienne et les éternelles invasions du pays leur faisait croire en l’homme et les poussait à combattre l’injustice. Une foi qui mettait au-dessus de tout une valeur irremplaçable : LA LIBERTE
.

Une liberté qu’ils avaient acquise en combattant les puissants. Une liberté qui leur avait permis d’avancer des idées républicaines 40 ans avant la révolution Française et traduite par ces maximes :
                        
« Rien n’appartient de droit à une élite »
                  
« Tous les Hommes naissent libres et égaux entre eux »

 

 

 

 



1769 FEVRIER , OLETTA ( par jacques Denis )



Le mot « conspiration » a maintes fois été employé au sujet de l’action prévue par les Corses contre l’armée française à Oletta dans la nuit du 13 au 14 février 1769.

 En premier lieu ne perdons pas de vue le contexte du moment.

 Après leur défaite à BORGO, le 10 octobre 1768, les français avaient établi leur quartier principal à Oletta avec 15 compagnies levées des Régiments Royal Italiens, Rouergue, Royal Roussillon, La Marine, Languedoc mais aussi la légion de Soubise et le régiment suisse d’Eptingen.

 En aucune façon l’Abbé François Antoine Saliceti, surnommé Peverino, fils de feu Jean Charles et ses hommes n’avaient décidé à priori d’égorger les soldats français.

 Nous étions simplement en guerre. Paoli, fort de ses victoires à San Nicolao et surtout à Borgu, visait Oletta en tant que plaque tournante permettant de contenir Saint Florent et Bastia ou les Soldats du Roi de France étaient en surnombre.

 Chauvelin, le chef français, ne portait pas la même appréciation.

Face à la témérité des Corses, il réclamait alors 8 bataillons supplémentaires ( 4000 hommes), tout en se ventant de ramener l’île à la raison dans les meilleurs délais. De son cote, Paoli qui avait constaté la prédilection des troupes françaises pour Saint Florent, pensait que la prise de Barbaggio, dans lequel la garnison française était de 500 hommes, programmée pour la nuit du 13 au 14 février 1769, serait plus aisée et lui permettrait d’annuler l’avantage pris par les français depuis le mois d’août 1768.


 L’action envisagée sur Oletta visait simplement à empêcher les bataillons français et étrangers, environ 1500 hommes établis dans le village, de porter secours au Régiment de La Marck, débarqué à Saint Florent le 17 octobre 1768 et stationné à Barbaggio.


C’est ce qui l’advint ces 13 et 14 février 1769 ! 160 Soldats du Régiment de La Marck, aux ordres du capitaine des grenadiers Hauser, se rendirent après avoir été attaqués par 1200 Corses qui les épargnèrent.

 Par la suite, ces prisonniers français seront rendus à leur pays.

 Il n’en fut pas de même le 15 février lorsque les renforts français aidés de volontaires Corses ne firent aucun quartier.

 Les Corses auxquels s’étaient joints 1500 patriotes conduis par Clémente Paoli, se trouvèrent encerclés à 700 dans Barbaggio. « Il y eut de part et d’autre acharnement inconcevable…(les français) n’eurent que 85 hommes tant tués que blessés, mais plus de 600 Corses restèrent sur la place.

 « La résistance que voulurent faire ses rebelles fut funeste à la plus grande partie qui fut égorgée.

Le mot « Conspiration » est évoqué en premier lieu par Honoré François de Perach, Chevalier d’Ampus, lieutenant-colonel du régiment de Languedoc, qui vient de faire arrêter 4 hommes. Par la suite, Joseph François Deslacs, Marquis d’arcambal, colonel-propriétaire du Régiment de Rouergue utilise le terme « trahison », faisant un amalgame entre les volontaires à la solde du roi de France ( pour ceux la, le terme est exact) et les civils. Des le 12 février Arcambal procède à l’appel des habitants du village et constate qu’une vingtaine d’entre eux, en particulier les Salicetti sont absents.

 18 habitants d’Oletta, la plus part dénoncés par Pietro Boccheciampe, 36 ans, Jean Christophe Cermolacce, 34 ans, Paolo Vincenzo Santamaria, Podesta, Giovanni Saliceti père du commun et Giovanni Oletta-Montaggione, le notaire âgé de 75 ans, sont accusés du crime de trahison et envoyés dans les cellules de la citadelle de Bastia.


 Les 4 premiers arrêtés sont Agostino Agostini, dit Titino, frère du conseiller Pignatone, l’abbé Paolo Francesco Leccia, dit Moglione, fils de Marc Marie, Andréa Santamaria du Montaggione, sa femme Gloria Santamaria et un de leur trois fils : Francesco Antoine Santamaria, dit Totto, 24 ans. Seront incarcères par la suite 2 autres de leur fils : Petro Maria Santamaria, et l’abbé joseph Santamaria puis Domenico Sermolacce, 25 ans, fils de Jean Jacques et son cousin Renuccio surnommé Il Rosso, 33 ans fils d’Andréa. Ces deux derniers sont volontaires au service des français dans la compagnie du capitaine Jean Christophe ( Cermolacce, 34 ans), Francesco Stephano Leccia ( beau-frère de Renuccio), Don Pietro Leccia, 23 ans, laboureur-vigneron, fils de Stephano Maria Santamaria, veuve d’Antoine de Montaggione, Santo, fils de Bernadino volontaire, Paolo Santo Leccia, 50 ans, q. Antoine Marie volontaire, Pietro Antone dit Totto et 3 frères Di Poggio eux aussi volontaires à la solde du roi dans la compagnie Jean Christophe Cermolacci : Giovanni Camillo Guidoni, 33 ans, Giovanni Santo Guidoni, Giovanni Guidoni, 26 ans.

Il ne faudra pas plus de quelques jours au compte de Marbreuse, toujours prompt à charger les accusés pour adjoindre les qualificatifs de « conspiration « et de « complot contre le service du roi », un crime de lèse-majesté qui facilite l’utilisation d’un article d’Ordonance rendant tous les accusés y compris les civils passibles du conseil de guerre et permet la mise en œuvre d’ « une justice plus éclatante.


 Outre le chef de la « conspiration », l’abbé Salicetti, d’autres habitants sont catalogués comme étant « passés aux rebelles.


 Nous trouvons tout d’abord sont neveu, Orlando Salicetti, q. Jean Antoine mais aussi Jean Dominique Salicetti ( président),q. Don Jean et son frère, Don Tomaso, Andréa Salicetti, fils du capitaine Virgino, Pietro Salicetti,( Président) fils d’Angelo Matteo, Jean Teramo fils Ignazio, Jean Dominique Santamaria dit San Fiurenzo, fils Andréa ( 4eme frère), Jean Jacques Costa fils de François-Xavier, Jacques Leccia q . Pierre, Jean Jacques Leccia, tous deux beaux-frères de Don pietro Leccia, Paolo Francesco Clavesani q . Jean Philippe, Dominico Francesco Clavesani, Pietro Maria q. Antoine Giudice, de Guado in Là. Ces deux derniers, devaient conduire un détachement de nationaux à travers les bois de Suariccie. D’autres encore seront cités au fil des témoignages : Joseph Santo Leccia, fils de Dominique Paolo, volontaire dans la compagnie du capitaine Francesco Maria Leccia, 2 frères de Guado in Là : Joseph Maria et Bartolomeo q. Dominique, Dominico Agostini, Mathieu Agostini , capitaine de Paoli, fils d’Augustin ainsi que Angelo Francesco du Poggio et ses deux fils : Agostino et Dominico, Jean Jacques Cermolacci père de Dominique un des 4 volontaires, Pelone, Pasquino, Jean Carlo, Papaolo de Guado in Là.

 Santo, fils de Bernadino, Memo, fils Cesareo du Poggio, tous deux volontaires, Francesco Leccia, dit Cecco, q. Gioan Gilio.

 Le jugement des prisonniers et des contumaces est rendu le 17 juillet 1769.

Le président du tribunal est l’intendant Chardon, accompagné de 10 membres de la magistrature et de l’armée : Jean Joseph Baude, rapporteur, Jean Aime de l’Isle, régisseur général des vivres en Corse, François de Maupassant, commissaire des guerres, Jean Etienne Delaitre, Louis Antoine Drolenvaux, commissaire des guerre, Jacques Robert de Montcarville, commissaire des guerres, Henri Artus de Manscourt, Jean Baptiste Collet de Messine, Etienne Louis Ponce Serval et jean Antoine Tisset de la Motte, commissaire des guerres.

 Pierre Ambroise Chambellan tiens le rôle de procureur général, Mathieu Cristofari celui d’interprète. Comme il est d’usage à cette époque, les condamnés subissent après le jugement des interrogatoires-tortures, avec la question ordinaire dite des canettes et la question extraordinaire dite de la corde. L’exécution intervient le lundi 25 septembre 1769, en soirée.

 5 habitants du village sont rompus vifs sur la place du couvent : Don Pietro Leccia, Francesco Antonio Santamaria dit Totto, Jean Camille Guidoni, Jean Guidoni et Dominique Cermolacci. C’est à ce moment qu’intervient l’acte courageux de celle que l’on nommera par la suite l’Antigone Corse, Maria Gentile Belgodere, 22 ans, Fiancée vraisemblablement à Giovanni Guidoni. Maria Gentile est la fille de Maria Catharina Leccia, 50 ans, veuve.

 Dans le courant de l’été 1769, l’administration ( militaire) française procède à un dénombrement de la population (et du cheptel). Le résultat obtenu est sans équivoque.


 A Oletta sont recensés 87 feux et 97 demi-feux. Une proportion inhabituelle. En effet, nous avons effectue quelques sondages dans les Pieve de Ghjussani, Niolu, Caccia, et celle du Cap Corse.

 Pour ce qui concerne les demi-feux, on trouve une fourchette de 30 à 50 %. A Oletta, l’on approche les 90%. A Vallecalle, le résultat est encore plus significatif : 22 demi-feux et 24 feux. Toujours à Oletta, l’on recense 119 Hommes pour 184 femmes. 62 d’entre elles sont veuves.

 9 sont âgées de plus de 60 ans. Les 53 autres ( sauf une) ont des enfants en bas-âge, dont 6 sont agés d’un an ce qui implique la présence d’un père dans les 2 ans précédents tout au plus. Il apparaît que les familles les plus touchées portent les patronymes Salicetti, Leccia, Santamaria, Clavesani, Guidoni, Agostini. La cause de cette absence quasi généralisée est connue.

 Un nombre conséquent des hommes du village a pris partie pour Pasquale de’ Paoli.


 Ils ont participé à l’attaque de Barbaggio.

C’est le cas de l’abbé Pierre Salicetti, Jean Dominique Salicetti, Don Thomas Salicetti, André Salicetti, Roland Salicetti, Jean Teramo, Jean –Dominique dit San Fiurenzo, fils de Andréa Santamaria, Jean Jacques Costa, Jacques Leccia, Pierre- marie q. Antone Guidice de Guado in là, Paul François Clavesani, Barthélemy Joseph-Marie de Guado in Là, Santo Leccia, volontaire, Ange François Agostini de Poggio et ses deux fils Augustin et Dominique.

L’issue de L’attaque de Barbaggio tourne à l’avantage des français.

Les soldats du Roi font prisonnier environ 300 hommes. Si l’on connaît le sort réservé aux 232 prisonniers Corses de Nonza, en août 1768, pour ceux de Barbaggio nous n’avons trouvé aucune trace. Le même Jour, toujours à Barbaggio, 300 autres Corses sont tués dont l’abbé Salicetti.

 La plupart ont été égorgés si on en croit le récit français.

 Comme tant d’autres villages, Oletta aura ainsi contribué à la cause nationale Corse et le tribut payé par ses hommes sera lourd, très lourd
.
 

 

 

 



1800 ,DESTRUCTION DU COUVENT DE TALLA PAR LES TROUPES FRANCAISES



Tallà, le 21 floréal an VII (11 mai 1800)

  L'administration municipale du canton de Tallà et son commissaire au citoyen Galeazinni, Préfet Général du département du Liamone.

 

 Nous estimons de notre devoir, citoyen, d'informer le gouvernement et le public des mesures que les habitants et la municipalité de ce canton ont pris dans les derniers événements et de manière à maintenir la tranquillité et protéger cette commune des actions rebelles.

 

 En fait au vu des aspects pris de l'insurrection déclarée dans les communes de cette région, la municipalité avec les conseils de bons républicains, a estimé urgent d'inviter tous les habitants des communes respectives à se tenir en état de défense dans leurs maisons et en même temps la municipalité avec un groupe de républicains choisis dans les communes aurait occupé le couvent et empêché l'assaut des rebelles armés qui voulait s'en rendre maîtres.

 

 

 Ces mesures accompagnées d'un zèle évident pour la bonne cause eurent un succès heureux et le canton resta sauf de l'incursion des révoltés des communes voisines.

 

 Le général Aubugeois se présenta dans la colonne de ce canton le 18 courant.

 Il retrouva la municipalité au couvent, bien groupée et en état de défense.

 Le général fut satisfait du zèle de la municipalité dans le discours qu'il eut avec elle. Il l'invita à présenter une liste des rebelles du canton et comme la municipalité fit remarquer au général qu'il convenait de recueillir des renseignements dans les communautés respectives, attestant qu'elle était en session dans le couvent depuis seize jours, renvoya la présentation de la liste à cinq heures du soir. Dans cet état de choses, on ne s'attendait à aucun mouvement ni aucune opération militaire de la part du général, jusqu'à ce que la liste fut présentée; mais les espoirs des habitants furent vains et inutiles les renseignements que la municipalité s'était promis de présenter.

 Alors, le général, à trois heures et demie, se rendit dans la commune d'Olmiccia à la tête d'une forte colonne, et à ce moment-là fut déclenché le sac, sans distinction entre l'innocent et le coupable.

 La maison de Vincentuccio Ortoli fut brûlée, une des plus belle du canton. Dans le pire des despotismes jamais ne sont pratiquées des punitions autant injustes que cruelles. Vincentuccio Ortoli fut brûlé pour imposture et intrigue.

 

 Ce notaire du canton et ses trois fils n'ont pas été en campagne ni au blocus de Sartè. Et même, si l'un de ses fils semblait coupable, le père et les fils innocents n'auraient pas dû subir la punition. Le général lui-même ne peut nier pareille vérité, et pourtant il prétend perdre le père et les fils majeurs qui n'ont pris aucune part à la révolte. On doit également vous apprendre que le couvent de Tallà a été entièrement dévasté par les troupes.

 

 On a brûlé toute les portes et fenêtres et on a commis dans cette fabrique nationale, les dégradations les plus graves au détriment de la république; de la sorte qu'aujourd'hui le couvent n'est plus en état de défendre le canton, ni de mettre les républicains de contrer l'insurrection des révoltés mais au contraire, il deviendra l'asile des rebelles et le canton sera sujet aux vexations des factions. Toutes ces dégradations ont été faites par la troupe, avec la volonté de faire le mal, malgré le fait que la troupe fut approvisionnée en bois et de tout le nécessaire, et malgré les protestations qui furent faites au général, tout est parti en ruine.

 

 De cette façon il semble que l'on essaye de provoquer l'animosité du peuple et une insurrection générale.

 

 Tant d'autres choses horribles furent commises que l'on tait par décence.

 Les républicains sont si découragés qu'ils en sont au point de penser que l'on cherche à désorganiser le système républicain.

 Citoyen, quand la vengeance nationale doit tomber sur la tête de coupables,

en même temps le gouvernement doit protéger l'innocent oppressé par l'injuste fureur des militaires et de l'intrigue des mals intentionnés.

 Notre rôle, citoyen préfet est de mettre à votre connaissance, la vérité de ces faits car nous pensons qu'avec justice vous donnerez une prompte réparation à tant de désastres, en procurant des moyens d'indemnisations à l'innocent spolié et opprimé et en faisant revenir dans leurs maisons tous les habitants de Tallà qui n'ont pas pris part à la révolte.

 Faisant ainsi, citoyen, vous justifiez la défense de la bonne cause et humiliez vos ennemis. Salut et respect.